quel modèle économique pour la voiture électrique ?
Dossier archivé énergie le January 6, 2010

© frankh

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C'est la Tribune du 11 décembre qui pose cette question en apparence iconoclaste : Et si la voiture électrique adoptait le modèle économique du téléphone mobile ? Et l'article d'énumérer toutes les bonnes raisons qu'aura la voiture électrique de ne pas "décoller " et dépasser une part marginale, la part militante ou orientée par de l'achat public, du marché : la voiture électrique est peu confortable à conduire (au mieux, après l'avoir essayée, on rapporte que "ça va"... C'est dire l'enthousiasme !), chère (10 000€ au moins de plus qu'une voiture thermique, surtout sans prime d'Etat), lourde et peu autonome. Et de rappeler un précédent voué à un succès foudroyant : le téléphone mobile. Au début des années 90, le réseau est constitué de quelques antennes, de mobiles lourds, chers et peu autonomes. En 20 ans, plus de 90% des français sont équipés et le réseau couvre une part essentielle du territoire français, voire des pays développés. Et tout cela a été rendu possible par le modèle économique qui a associé objet (portable) et abonnement, le premier étant offert ou quasi-offert avec le second. En échange de cette garantie de revenus, la société pouvait sans difficulté offrir non seulement le portable mais aussi installer les antennes, investir dans la recherche et la somme de ces efforts (coûteux pour l'usager si on en fait la somme !) a abouti à un développement du portable à une vitesse fulgurante. Remplacez le mobile par le véhicule, le forfait par la charge et l'entretien des batteries et le tour est joué, d'après l'article, qui cite le cabinet BearingPoint et son étude « Le modèle du téléphone mobile au secours de la voiture électrique ». Seul problème : à ce jour, seuls Isräel et le Danemark ont posé des jalons en ces termes... Pas forcément gagné, donc !
Tags: location, batterie, voiture, auto, électrique, modèle, économique, développement, téléphone, m
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Les médias habituellement nous formatent dans l'idée que voiture électrique = voiture à brancher. C'est une bêtise absolue que personne ne relève. J'ai de nombreuse fois essayé d'intervenir dans les débats, que ce soit à la radio ou ailleurs, afin de l'expliquer, mais personne n'avait l'air de comprendre.
Je soupçonne les constructeurs d'être parfaitement informés de la nécessité d'un modèle économique spécifique à la voiture électrique. Etant donné l'ampleur des transformations à effectuer sur les réseaux de distributions de carburant, chez les garagistes, les concessionnaires, je pense que le secret restera de mise encore un moment.
Mais pour satisfaire la curiosité du lecteur, j'affirme ceci : technologiquement, la voiture électrique pourrait d'ors et déjà être une réalité quotidienne. Même avec les batteries actuelles qui n'ont guère que 150 km d'autonomie.
Imaginez : un moteur électrique dans chaque roue, une place libérée sous le capot permettant de meilleurs équipements de sécurité, et une batterie dont le remplacement est simple, rapide, et automatique dans les stations robotisées des distributeurs de batteries. PLus besoin de se soucier du coût ou de l'entretien de la batterie : celles ci sont consignées comme des bouteilles de gaz, et leurs coûts et leurs entretiens sont amortis sur le prix payé pour une batterie rechargée.
Il est même très probable que ce changement de batterie soit bien plus rapide que le remplissage d'un réservoir.
J'accuse cependant les constructeurs d'une cécité plus ou moins coupable en la matière : ok, la transition nécessaire oblige la discrétion. Mais ils ne réalisent pas qu'ils pourraient envisager la batterie de façon plus générique, comme une source d'énergie électrique. Après tout, peu importe ce qui produit cette électricité, pourvu qu'elle corresponde aux normes de fonctionnement des véhicules.
Ainsi cela pourrait être un groupe électrogène basé sur un moteur à combustion, ou une pile à combustible, ou n'importe quoi capable de produire de l'électricité !
Il n'y aurait alors aucun problème de 'transition' : on commercialise des voitures sur ce principe, mais équipée de base d'une cellule énergétique à groupe électrogène, puis au fur et à mesure du déploiement des automates changeurs de batteries, les conducteurs remplacent leur groupe par une pure batterie électrique.
Enfin je ne perd pas espoir, je suppose que si un de nos constructeur ne saute pas le pas, d'autres venus d'Inde ou de Chine ou du Japon sauront le faire - des pays ou il n'y a pas de pétrole, donc pas de lobby pétrolier...